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Coronavirus : comment Jean-Michel Blanquer prépare l’école aux cours à distance : Article commenté par un de nos membres.

Voilà l’article très instructif relevé dans “les échos”…

Certaines phrases sont révélatrices du projet final et la crise du Covid devient donc, comme prévu, une formidable opportunité pour pousser plus loin la logique de numérisation de l’école (au sens d’un remplacement, ou d’un contrôle, progressif des enseignants par les moyens numériques).

Pour ceux qui ne le sauraient pas, les tests nationaux cette année étaient complétés par une enquête post-covid soumise directement aux enfants sans accord des familles et sans avis des enseignants.

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Les commentaires sont en rouge et entre parenthèse tout le reste provient de l’article original.

Coronavirus : comment Jean-Michel Blanquer prépare l’école aux cours à distance

Le ministre de l’Éducation vient de lancer une expérimentation à grande échelle dans le Val d’Oise et l’Aisne pour encourager l’essor du numérique à l’école. Elle couvre la distribution de tablettes, de ressources numériques ainsi que la formation des enseignants et des parents. Elle a vocation à s’étendre.

Un kit d’enseignement hybride doit permettre aux enseignants de transformer rapidement leur salle de classe en espace de travail distant. (Marie-Christine Corbier)

Par Marie-Christine Corbier

Publié le 23 sept. 2020 à 11:31Mis à jour le 23 sept. 2020 à 12:51

« Si on est reconfiné, au moins, on aura les devoirs à faire », s’est réjouie une élève de CM1 de l’école Les Chênes, à Herblay, dans le Val d’Oise, où s’est rendu en début de semaine le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer. Dans cette école, les enseignants utilisent un espace numérique de travail conçu par une « EdTech », Beynelu School . L’école va devenir pilote d’une expérimentation menée dans le Val d’Oise et l’Aisne.

Celle-ci est financée à hauteur de 27,3 millions d’euros par des fonds du programme d’investissements d’avenir. Au total, 15.000 élèves en situation de fracture numérique vont se voir prêter des tablettes. Des jeunes enseignants (225 dans l’Aisne et 775 dans le Val d’Oise), qui exercent leur métier sur le terrain depuis un an, vont voir leur classe équipée d’un « kit d’enseignement hybride ». Il prend la forme d’une grosse valise à roulettes (avec caméra…) et doit leur permettre de continuer à faire classe à distance de manière interactive.

Enseignement à distance

Du primaire au lycée, une classe sur deux sera équipée de ce kit dans tous les établissements pour, selon le ministère de l’Education nationale, « transformer rapidement sa salle en espace de travail distant ». L’idée est d’assurer la continuité pédagogique en cas de reconfinement total ou partiel. Le kit proposé offre aussi la possibilité d’assurer un enseignement à distance, en cas d’absence d’un professeur. (Et donc peu à peu d’apprendre à s’en passer).

Hors crise sanitaire, le numérique a vocation à s’inscrire dans la pratique habituelle de la classe. Jean-Michel Blanquer évoque déjà les logiciels qui « permettent de faire du calcul mental de manière ludique et pertinente » et les « petits robots » qui, « dès la maternelle », vont « initier les enfants aux rudiments de la programmation et de la géométrie ». (Car ce sont les robots qui sont le mieux à même de transmettre des connaissances).

« La locomotive du développement numérique »

Le projet ne se résume pas à une distribution de tablettes. « Il déploie une offre numérique complète, avec équipements, ressources et formation », se félicite Edouard Geffray, numéro deux du ministère de l’Education. Enseignants et parents (volontaires) seront formés. La formation des enseignants sera assurée par Réseau Canopé, opérateur de l’Education nationale, avec des modules courts d’une heure à une heure trente.

« Ces formations, en partie en ligne, seront libres d’utilisation et disponibles sur une plateforme, ce qui permettra aux enseignants de la suivre au moment le plus opportun », se félicite la rectrice de l’académie de Versailles, Charline Avenel. La Trousse à projets, plateforme de financement participatif des projets des enseignants, se chargera de la formation des parents au numérique éducatif, avec l’aide d’acteurs de l’inclusion numérique (Emmaüs Connect, fondation Break Poverty…) et des directeurs d’école, pour repérer les familles qui en ont besoin. « Le but n’est pas de développer l’addiction des enfants aux écrans mais d’avoir une vraie éducation au numérique », plaide Jean-Michel Blanquer. Il voit, dans cette expérimentation, « la locomotive du développement numérique de nos écoles ».

« Pourquoi des tablettes, et pas des masques ? »

Au-delà des contraintes liées à la crise sanitaire, c’est un moyen de changer l’école. (!!!) « L’objectif, c’est que toute la France soit concernée par le développement numérique », assure Jean-Michel Blanquer, qui lancera des « états généraux du numérique », début novembre. Tout cela « pourra demain être déployé à plus grande échelle si le ministre en décide », indique déjà le secrétaire général pour l’investissement, Guillaume Boudy, en évoquant le quatrième programme d’investissements d’avenir . (Et oui, c’est Blanquer qui décide !)

En attendant, lundi, les élèves de CM2 d’Herblay avaient d’autres préoccupations : « Vous n’avez pas peur de venir dans une école, avec le Covid ? » demandait l’une. Tandis qu’une autre lançait à Jean-Michel Blanquer : « Pourquoi vous nous apportez des tablettes et pas des masques ? »

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